29 décembre 2008

Ma rage, mon impuissance...


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Ce soir.
Ce soir dans la nuit noire.
Ce soir alors que je rentrais chez moi deux silhouettes.
Un papa et son petit garçon.
Un petit gars de quelques 4 années pas plus.
De loin je voyais son père le trainer sur le passage piéton pas très gentiment.
Alors forcément je regardais.
Puis presque arrivés à ma hauteur d'un seul coup.
Le père a cédé à sa colère.
D'un seul coup.
Une immense gifle dans la tête du petit garçon.
Et le petit gars a valdingué a un mètre.
Presque sur la route il a valdingué.
Et le père même pas il regardait son petit gars.
Et le petit gars il avait des sanglots qui l'étouffaient et il regardait son papa qui le regardait pas.
Et moi je regardais les deux là, juste à côté de moi.
Et une immense vague de colère m'a emportée.
J'ai appuyé sur le klaxon de ma voiture, fort, fort, et longtemps.
J'ai fait des grands signes au père.
Des grands signes de ma colère à moi parce qu'il a tapé fort son petit garçon à lui.
Et puis mon feu est passé au vert alors j'ai redémarré.
Et c'est là que les sanglots m'ont étouffée moi.
Des gros sanglots qui venaient de loin loin loin.
De ma tête à moi qui valdinguait tout pareil quand la colère de ma mère elle était la plus forte tout pareil.
Alors les gens ils m'ont regardée pleurer fort gros comme ça dans ma voiture et je m'en foutais.
Et j'ai pleuré fort comme ça jusque chez moi.
Et j'ai pensé comme ça que pour ça ma mère je la détestais encore vraiment fort, pour mes oreilles encore brûlantes, pour le fait que jamais elle me regardait après, enfermée dans sa colère, pour le fait qu'à 32 ans encore j'éclate en sanglots quand je vois un gosse se prendre une torgnolle.
Parce que je suis encore prisonnière.

Je ne pensais pas les débuter ainsi mes "histoires cailloux" , mais ce soir j'ai vu un petit garçon se faire violenter, et comme souvent, ma propre histoire a rejailli. J'avais en tête de la raconter, mon histoire, alors c'est le premier billet des "histoires cailloux".

Ce soir, c'est un petit garçon qui l'a prise, cette claque, mais c'est aussi moi, par ricochet...

Posté par nanortalik à 23:32 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ma rage, mon impuissance...

    et ça ricoche ...encore...et encore...jusqu'ici!
    ça fait mal...et ça fera mal longtemps....puis un jour...tu réalises que ça fait moins mal...et ça fait de - en - mal...et puis un jour...tu ouvriras la porte de cette prison...quand???il te faudra touver la clé dans les yeux de ta fille...tu n'es pas ta mère...et ta fille n'est pas toi...

    Pleure ...ça fait tjs du bien...ça lave l'intérieur...ça lave le coeur
    Je t'embrasse fort.
    Sylvana qui pleure aussi

    Posté par Sylvana, 30 décembre 2008 à 14:10 | | Répondre
  • des larmes

    pour tous les petits qui se retrouvent au coeur de la colère de leurs parents. Des larmes pour tous les petits qui gèrent la violence de leurs parents. Des hurlements pour faire réagir ceux qui sont à coté, lâchement, et qui ne réagissent pas. Une hisoire cailloux qui peut etre sera utile à celui qui demain aurait levé la main sur un petit...Je t'embrasse avec tendresse, parce qu'on est toujours la petite fille de sa mère, même à 32 ans, même plus tard. Mais plus tard, on a grandi peut etre.

    Posté par Grandmamie, 30 décembre 2008 à 16:02 | | Répondre
  • Je n'ai jamais compris..

    la violence des parents sur leurs propres enfants, comme si, toujours on leur rappelait leurs jeunesse perdu, leur dégoût d'être devenu ce qu'ils sont, et qu'il faut le faire payer à plus petits que soit. c'est Barbara qui chantait dans l'une des ses plus belles chanson, perlimpinpin," que c'est abominable d'avoir à choisir entre deux innocences, que c'est abominable d'avoir pour ennemis les rires de l'enfance, mais que dire des larmes de l'enfance, quand on comprends trop vite que l'on paye la violence de sa mère. Un jour, j'étais petit, mes souvenirs sont là quelquefois, j'avais dit à ma mère " même pas mal" avec son rouleau à pâtisserie dans ma glotte. Et elle m'a répondu si tu n'as pas mal, alors tu auras mon silence. Et elle a tenu parole.
    Vous me faites pleurer ce soir parce que moi, même à quarante ans, je ne sais plus quoi penser de ce père qui frappe son fils en pleine rue, et qui valdingue dans la nuit noire de ses souvenirs, parce que j'ai peur pour lui, que dire, que c'est abominable de perdre son innocence, et quand les rires de l'enfance ne sont pas nos ennemis, comment faire pour ne plus y penser.

    Audrey, vous êtes là, je vous vouvoie, parce que ... Et tout cet amour rentrée en vous, sans même l'ombre d'une ombre, je vous en supplie aimez, même si ces larmes vous noie au volant d'un feu qui a l'outrecuidance de passer au vert.

    Posté par gb, 30 décembre 2008 à 20:06 | | Répondre
  • parfois, je pense à toi comme à un petit oursin ; des piquants tout autour et un trésor à l'intérieur, bien caché...
    Et je comprends mieux pourquoi tu es si "à fleur de peau"...
    Mais Sylvana te l'as dit, tu n'es pas ta mère et ta fille n'est pas toi...
    Reste à réussir à guérir ces blessures qui te font souffrir et à arrêter de te punir.
    Je t'embrasse fort.

    Steph

    Posté par kaferlein, 30 décembre 2008 à 20:07 | | Répondre
  • les pleurs...

    j'ai lu ce matin cette note en me levant à 5h50 et j'ai pleuré comme une madeleine et ce soir en me couchant je ressens le besoin de la relire et de pleurer à nouveau ! c'est beau et fort ce que tu peux écrire. bise de petit bouquet de roses dans bordeaux...

    Posté par bruno, 31 décembre 2008 à 00:12 | | Répondre
  • et le plus dur après c'est de se retrouver seule...seule avec ces gifles, seule avec ces coups qui font encore mal...mais si c'était parce qu'elle m'aimait alors je voulais bien les prendre ces coups...mais elle me l'a dit, elle me haie...et j'ai grandi avec cet espoir qu'elle m'aimât un peu, juste un peu...qu'ai je fais pour qu'elle ne m'aime pas? ça fait 8 ans qu'elle me l'a dit, et ça fait 8 ans qu'une partie de moi est morte, et qu'une autre est en rage, une autre en pleurs...
    mais j'ai 2 lutins, et à eux je leur répète que je les aime, tout le temps, pour toujours, pour toujours...

    Posté par cocosnous, 05 février 2009 à 10:31 | | Répondre
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